Mon parcours depuis la première année
dans le programme français à la dernière a été long et de temps en temps ardu.
Au commencement, je ne pouvais que prononcer quelques mots dans une phrase mal
formée, mais aujourd’hui je suis capable de mener une conversation en français.
Je ne vais pas mentir, j’entretiens encore l’insécurité face aux locuteurs
natifs ; cependant à partir de la fin de ma formation, je suis équipée
avec les outils pour surmonter peu à peu cette peur qui m’afflige.
Mes expériences au cours de ces
derniers mois m’ont aidé beaucoup, malgré le début orageux – les courriels et
les appels auxquels on ne répond pas, la difficulté de m’insérer dans la communauté
francophone parfois fermée aux anglophones. De tout cela, j’ai découvert qu’il
faut avoir la créativité afin de trouver des opportunités authentiquement
françaises dans l’Ouest canadien. Après beaucoup de persévérance, j’ai réussi à
trouver des contextes français à Victoria qui encourageaient mon amélioration
progressive.
Premièrement, j’ai décidé qu’un cours
de conversation supplémentaire était nécessaire comme le département n’offre qu’un
dans leur programme. Pour cette raison je me suis inscrite dans des cours avec
le département d’Éducation permanente. Ici, j’ai rencontré plein d’autres
étudiants qui, comme moi, s’intéressent à augmenter leur capacité orale en
français ainsi que leur confiance en parlant. Pour moi, c’était l’étape la plus
logique pour commencer. Il y avait des enseignants, des employés du
gouvernement, des gens qui s’intéressent à leur héritage français – un mélange
divers. Après avoir suivi trois semestres de ces cours, je peux dire que
ceux-ci ont été les plus formatifs en ce qui concerne ma confiance que toutes mes
autres expériences. Tandis que l’instruction et la direction fournies par les
professeurs étaient bien utiles, c’était la conversation spontanée et naturelle
qui se produisait avant, pendant et après la classe qui m’aidait le plus. Sans
cette opportunité, je n’aurais jamais eu le courage de travailler avec des
locuteurs natifs.
Après avoir envoyé une demi-douzaine
de courriels, j’ai reçu finalement une réponse d’une enseignante d’une école d’immersion
française à Esquimalt, Julie. Elle m’a invité à travailler dans des classes
avec des groupes de lecture. J’étais tellement ravie – quelqu’un me voulait
enfin ! J’ai découvert rapidement que ces élèves, en dépit d’avoir
seulement entre sept et neuf ans, sont très avancés dans le français – les enfants
sont comme des éponges ! Ainsi, mon bénévolat ici était une leçon de
prononciation qui m’a rendu humble ! Je devrais être extrêmement prudente
de ne pas faire une erreur devant ce groupe ! Néanmoins, ils me corrigeaient
de toute façon. D’un autre côté, mon vocabulaire est meilleur ! En tout
cas, j’ai appris beaucoup de mon bénévolat dans cette école, surtout des
commandes en français qui seront utiles une fois que je deviens une
enseignante : « Soyez sages ! », « à ta place ! »,
« calme-toi ! », « bonne lecture ! », « lis-le
bien ! ».
Peu de temps après avoir obtenu le
poste de bénévole à l’École Macaulay, j’ai commencé un autre à la Société
francophone de Victoria ce qui, comme j’ai découvert, sera tout à fait
différent du premier ! Ici je travaillais à la réception où j’accueillais
des gens, répondais au téléphone et aidais avec des devoirs divers du bureau. Le
problème le plus sérieux ici était la difficulté que j’ai avec les variétés de
français que je ne comprends pas. Soudain, je me suis rendu compte que la seule
forme de français à laquelle j’étais exposée jusqu’à ce point a été la variété
institutionnelle – l’une qui est considérée « standard ». Alors, j’ai
dû adapter rapidement afin d’être réussie. Maintenant j’ai l’expérience avec
les parlers accadiens, québécois et franco-ontariens. Malheureusement c’est
encore un processus difficile et il faut que j’aie plus temps immergé dans ce
type de contexte afin de connaître un vrai succès avec les variétés canadiennes.
Pour conclure, je voudrais souligner
la nécessité des contextes authentiquement francophones pour entretenir et
encourager l’apprentissage du français chez des anglophones comme moi. J’attache
de l’importance à mes connaissances académiques du français, cependant une
compréhension des fondamentaux de la culture, de l’esprit et du peuple français
est primordiale dans l’acquisition réussie de cette langue. Puisque les
expériences françaises dans l’Ouest canadien sont rares, il faut que les
apprenants soient créatifs et persévérants. J’ai l’intention de continuer ma
quête pour les occasions d’améliorer mon français et de trouver de nouveaux
amis francophones.
Bien sûr j’ai envie d’explorer d’autres pays du monde où on parle le français : ) L'aventure continue!
(Ces photos sont d'un voyage en France avec ma soeur il y a sept ans)











